Origine

De l'anglais slop — la pâtée qu'on verse sans la regarder, par extension toute nourriture servie sans soin. Le terme s'impose vers 2024 sur le modèle de spam, pour nommer la production générative de masse. Synedre en retient la métaphore exacte : ce n'est pas ce qu'on sert qui est en cause, c'est que personne ne regarde en le versant.

Définition

Contenu produit en masse par un modèle génératif, publié sans relecture ni intention éditoriale, et dont la valeur pour le lecteur est nulle ou négative. Le slop ne se définit pas par l'outil qui l'a produit, mais par l'absence de quelqu'un qui en réponde : un texte écrit avec un modèle, puis vérifié, coupé et signé par un auteur, est du travail outillé ; un texte publié parce qu'il fallait remplir une case est du slop, qu'un humain l'ait tapé ou non. La machine n'a rien changé à la nature du geste — elle l'a rendu bon marché.

Sa propriété essentielle est d'être plausible. Le slop ne se repère pas à des fautes : il est grammatical, structuré, souvent agréable, et c'est exactement ce qui le rend coûteux — il faut le lire pour découvrir qu'il n'y avait rien à lire, et ce temps-là ne se rembourse pas. À l'échelle, il dégrade le corpus commun sur lequel s'entraînent les modèles suivants : une pollution qui se recycle.

À ne pas confondre avec le spam, qui poursuit un but et sait ce qu'il fait ; ni avec le contenu médiocre, où une intention existe et échoue ; ni avec l'hallucination, erreur ponctuelle dans un texte par ailleurs assumé. Le slop n'a pas d'auteur : seulement un émetteur.

Exemple

Pulitzer produit quarante définitions en une nuit pour couvrir un champ sémantique. Trente-huit sont exactes, bien tournées, et n'apprennent rien à personne : aucune n'a été écrite pour un lecteur en particulier. Le jury éditorial les refuse en bloc — non pour leur qualité, qui est bonne, mais parce qu'aucune ne survit à la question « qu'y trouve-t-on qu'on ne trouve pas ailleurs ? ». Deux passent, et sont signées. Le tri n'a pas mesuré l'écriture : il a mesuré l'intention.