Cadre d'incertitude
/kadr din-sèr-ti-tud/loc.m.PropriétaireOrigine
Concept propriétaire, construit sur l'opposition entre le risque — probabilisable — et l'incertitude, qui ne l'est pas, distinction due à l'économiste Frank Knight en 1921. Le cadre porte sur la seconde : on n'y calcule pas des probabilités, on y désigne qui regarde quoi, ce qui est la seule réponse disponible quand la distribution est inconnue.
Définition
Le dispositif qui dit à chaque IA quelle incertitude réduire, dans quel ordre, et avec quelles limites. Sans cadre, une IA optimise ce qu'elle veut — souvent la bonne chose au mauvais moment, parfois la mauvaise chose très efficacement. Le cadre repose sur trois piliers : les agents, qui nomment les zones de flou ; le calendrier, qui dit quand chacune est traitée ; le fondateur, qui tranche les conflits entre elles. Il découle directement du principe fondateur — l'organisation existe pour réduire l'incertitude — dont il est la mise en œuvre. Là où l'article énonce la raison d'être, le cadre distribue le travail : à chaque zone de flou son agent, son moment et sa limite. C'est le produit exportable. Ce qui se vend n'est pas une collection d'agents mais l'opération consistant à cartographier les incertitudes propres à un métier, puis à leur affecter des porteurs. Un boucher et un marchand de pièces détachées n'ont pas les mêmes zones de flou : le premier ignore combien il jettera cette semaine, le second ignore si sa référence est compatible avec le véhicule du client. Le même agent générique ne répond ni à l'un ni à l'autre. À ne pas confondre avec un cahier des charges, qui liste ce qu'on sait vouloir : le cadre organise ce qu'on ne sait pas. Ni avec une gestion des risques, qui hiérarchise des menaces identifiées.
Exemple
À l'installation chez un marchand de pièces automobiles, l'inventaire des incertitudes ne commence pas par la technologie : combien de retours sont dus à une erreur de compatibilité, quelle part du catalogue n'est jamais vue, quel fournisseur allonge ses délais sans prévenir. Trois zones de flou, trois porteurs, trois moments dans la semaine. Le même client aurait reçu, sans ce cadre, trente agents génériques répondant à des questions qu'il ne se posait pas.